mardi 24 mai 2016

24 mai Pont-l'Évêque (Oise)

D'abord un petit mot pour Bernadette (Jacquet): pour écrire un commentaire dans le blog..tu ouvres le blog, tu vois sur la barre de titre un crayon et un oeil. Tu appuies sur l'oeil et une version web apparaît. Tu verras après le message un endroit pour le commentaire. Je pense que pour écrire, tu dois appuyer sur le crayon, et pour publier, tu appuies sur «OK», puis sur la flèche en haut à droite. Bonne chance!
Aujourd'hui j'ai marché de Tugny-et-Pont à Pont-l'Évêque (l'évêque en question serait St Éloi, le grand argentier du roi Dagobert, qui lui aurait fait remarquer qu'il mis sa culotte à l'envers); soit 36,4 km...J'ai peut-être un peu exagéré, mais je voulais trouver une table d'hôtes accueillante; ce n'est pas toujours facile de choisir entre trop court et trop long...Départ de Tugny à 8h; marche rapide par temps frais et sec. Je traverse les villages de Dury, Pithon, Ham (on quitte l'Aisne pour entrer dans la Somme), Golancourt,   Bertrancourt, où l'on m'avait signalé Mr et Mme Vermeersch, qui accueillent des pèlerins. Ils ont été éducateurs d'enfants du juge pendant 40 ans!  Ils habitent 161 rue Principale 60640 Berlancourt. tel 03 44 43 05 23. J'arrive chez eux vers une heure. Il est trop tôt pour l'étape; je vais leur demander s'ils connaissent une adresse dans les environs de Noyon. Quand j'approche de la maison, Mme sort sur le pas de sa porte et m'invite à entrer. Ils sont à table. Ils téléphonent à vousPont-l'Évêque (Mr et Mme Langlet...!) : il y a de la place...mais c'est à 17,8 km. J'en ai déjà fait 18,6...Tant pis, on essaiera. Ils m'invitent à partager leurs repas. La maman de Mme est là aussi parce qu'elle vient de subir une opération au canal carpien et sa fille n'a pas voulu qu'elle reste seule. Elle a 96 ans et on ne les lui donnerait pas du tout...Elle est spitante, vive. Elle habite Compiègne. Elle me dit: ici c'est la maison du  bon Dieu. Après le diner, je ne m'attarde pas, car la route sera longue: Guiscard (silos), Crisolles, Noyon (où j'arrive à la sortie des classes) et Pont-l'Évêque, où j'arrive vers 17h, soit 10h de route. En passant à Guiscard, une fenêtre s'ouvre et une dame m'interpelle : «vous êtes pèlerin?...Pouvez-vous venir témoigner aux enfants du catéchisme?  » Oui, mais 5 minutes; j'ai encore une longue route...la dame me fait entrer dans une petite salle où une dizaine d'enfants, garçons et filles, se préparent à la communion. Je leur parle de Compostelle, qu'ils ne connaissent pas, du sens du pèlerinage, des motivations diverses...puis je continue ma route.
Je me perds dans un chemin très peu balisé et très herbeux ( on voit à peine le tracé du chemin). Puis je retombe sur une départementale que je décide de suivre, malgré les camions. Il le faut bien si je ne veux pas arriver trop tard au rendez-vous. Arrivé à bon port,  bonne douche bien chaude, petite sieste; le repas du soir est servi à 7h15.Nous sommes 4 à partager le repas: un couple suisse qui voyage avec leur bateau et qui voulait aller au restaurant. Mais ils sont tous les deux fermés le même jour...et un cycliste flamand de Westerloo, qui fait St Jacques en vélo, pour accomplir un voeu.  Sa fille avait accouché de jumeaux et la naissance avait été difficile. Il avait fait le voeu d'aller à Compostelle si tout se passait bien. Il avait fait 160 km aujourd'hui, mais il avait le vent en poupe, disait-il.
Je reviens sur le gite de Tugny. On peut le voir sur You tube au nom «Refuge du pèlerin» ou sur le blog: «refuge de la pierre à béni»
...

23 mai Tugny-et-Pont

Avant de quitter Fontaine-Notre-Dame, Mimi m'a conduit chez ses parents, qui exploitent une grosse ferme dans le village. Tasse de café, on taille une bavette ..Puis il faut bien se décider à quitter ce nid douillet, pour affronter la marche solitaire et le léger crachin du matin.
Je coupe par les départementales pour rejoindre au plus vite Saint-Quentin, en passant par Homblières, Harly et Saint-Quentin. J'achète une bande Velpeau pour tenir la cheville, et elle fera des miracles: j'ai fait 31 km sans problème, et je suis très bien ce soir, sans douleur précise, si ce n'est la fatigue. En me dirigeant vers la mairie de Saint-Quentin, je croise le regard d'un homme d'environ mon âge qui porte un sac à dos. Il traverse la rue et parvient à ma hauteur: (toujours la même impression d'être guidé) «ça fait encore beaucoup de km!» me dit-il, et nous entamons une conversation. Il a fait Saint Jacques, bien sûr! Je lui demande où se trouve l'Office du tourisme et il m'y conduit. Là, on me met le tampon sur la crédenciale et on me signale un gîte à 17km, chez Mr Jean-Marc Noblesse, 2 rue du Pont 02640 Tugny-et-Pont. J'y arrive vers 4h, après une marche sous une pluie intermittente. Un gîte magnifique...Le propriétaire m'attendait. Il m'offre un verre de bière et m'explique la «philosophie» de la maison. C'est un homme singulier: à la fois artiste (sculpteur), philosophe, mystique (chercheur de sens)...Il demande 27 € pour la nuit et le petit déjeuner. On sent qu'il s'est consacré à l'accueil des pèlerins. Il y a aussi une banque alimentaire, avec tout ce qu'il faut pour un repas; une cuisine, de la vaisselle,
une télévision et des films en DVD ...bref, c'est plus qu'un gite, c'est une maison et vous y êtes chez vous. Cela vaut vraiment la peine de faire connaître sa maison ; son  gîte s'appelle «le guide du pèlerin». Après une journée grise et pluvieuse, le soleil éclate dans la soirée et me permet de prendre des photos.

dimanche 22 mai 2016

22 mai Fontaine-Notre-Dame

Journée de pluie, étape assez courte, pour arriver à Fontaine-Notre-Dame, où le papa d'Adeline est cultivateur et maire du village. Pour ceux qui ne la connaissent pas. Adeline est l'épouse de mon neveu Nathanaël GÉNICOT. C'est donc une étape «en famille», si l'on peut dire. De Bohain à Fontaine, en passant par Fresnoy-le Grand et Fonsomme, il y a environ 16 km. Il a beaucoup plu la nuit, et la pluie a continué, lentement, jusque vers 13h, puis il s'est mis à pleuvoir des cordes. Heureusement, je venais d'arriver chez Nicole et «Mimi» (c'est le nom familier de Mr Langlet, le papa d'Adeline)
Accueil chaleureux. Ils m'attendaient le soir, mais Nicole réchauffe en vitesse quelques pommes de terre rissolées délicieuses, avec deux tranches de jambon, un morceau de tarte à la rhubarbe et une tasse de café. Je ne suis plus le même homme...
Nicole est partie chez sa soeur chercher une bande Velpeau, pour serrer ma cheville. Cela ne vient pas du fait de marcher en sandales (le pied gauche n'a rien), mais d'une vieille entorse qui se rappelle à moi. Peut-être ai-je été imprudent lors de l'étape d'Erquelinnes (la 2e - 31km), je ne sais...Je ne pensais plus à cette ancienne fragilité.
Je viens de recevoir le code wifi, je vous envoie le texte du jour.

samedi 21 mai 2016

21 mai Bohain en Vermandois

Belle journée, ensoleillée, à tel point que j'ai jugé bon de mettre mon grand chapeau à larges  bords, qui protège si bien du soleil, et qui résiste au grand vent (les bords alors battent des ailes comme un oiseau, mais il ne s'envole pas). Le matin, j'ai pu me brancher sur la wifi et envoyer les messages qui étaient restés dans la machine, en attente de cette brise légère qui leur aurait permis de partir. C'est donc fait. Et ici, dans une des chambres d'hôtes «à la maison de Papidan», à Bohain en Vermandois, c'est déjà prévu: en arrivant, vous trouverez sur la table le code wifi. C'est vraiment une merveille, qui vous relie au monde entier. Ce 6e jour de marche me relie du Cateau à Bohain, soit 22,6 km. J'y vais molo, pour ménager ma cheville droite qui fait des siennes, mais que je soigne, et qui va mieux ce soir. Parti donc vers 8h de la maison de maître Faugeroux, lesté d'un pique-nique préparé par son épouse, et qui s'avérera délicieux, d'une bouteille de jus de pomme, d'un yaourt, d'une lampe led légère et puissante, et revigoré par une bonne nuit, je m'élance pour cette étape qui me fera passer par les villages de Saint-Bénin, Saint-Souplet, Saint-Martin-Rivière, Molain, Vaux-Andigny et Bohain en Vermandois. Mais avant cela, à la sortie de la ville, un homme arrêté au volant de sa voiture, attend que j'arrive à sa hauteur, puis il m'interpelle : vous allez à Saint-Jacques? depuis où? en une fois? C'est bien! À 11h, à Saint-Martin-Rivière, je quitte le Nord pour le département de l'Aisne. En faisant halte pour le casse-croûte, je vois le dizainier attaché à mon sac, avec l'image de ND de Guadalupe, qui me rappelle Willy et l'Amérique latine; du même coup, je vois la pierre que Francine m'a donnée pour aller la déposer au pied d'une croix pas loin de Santiago. Sur cette croix, les noms de tous ceux et celles avec qui nous avons partagé les richesses de la Parole de Dieu chez Michel Fondu. À 12h30,  bière à Vaux-Andigny. Je suis à 10 km de l'étape...Je trouve facilement la maison de Papy (comme l'appellent Michel et Marie-Françoise), prends une douche, mange le pique-nique préparé au Cateau, et regarde mes mails, après avoir téléphoné à Nicole pour la prévenir de mon arrivée demain. Et puis je me mets à rédiger mon blog, ce qui me prend pas mal de temps car le clavier est minuscule...Bonne nuit!

vendredi 20 mai 2016

20 mai Cateau-Cambrésis

Parti de Maroilles à 8h, je perds quelque temps à chercher mon chemin. Heureusement d'ailleurs, parce que je passe devant une boulangerie, j'achète un croissant et je vais le manger (le paradis) dans un café avec un «café allongé». Ce qui m'amène petit à petit à 9h et me permet de trouver la pharmacie ouverte. J'achète «Addax» pour les crevasses. À la mairie de LANDRECIES (jumelêe avec Manage), tampon sur la crédenciale. On me souhaite bon voyage, ainsi qu'au café où quelqu'un me dit qu'il connaît Manage, qu'il y a été, et il me demande si le carnaval  continue encore.
À l'arrivée à Cateau-Cambrésis, à l'entrée de la ville, je passe devant une grande surface:  «l'éléphant bleu» et je me dirige vers la réserve de «caddies» pour retirer ma cape. Quelqu'un vient à moitié et me demande où je vais et il ajoute : si vous ne trouvez rien, venez chez moi, à Cateau, derrière la statue du maréchal MORTIER. Je le vois comme un ange venu du ciel et je trouve la statue du maréchal et la maison de maître Jean-Marie Faugeroux, car il est avocat. En l'attendant, je vais boire une bière au café d'en face. Je n'ai pas fini le verre que je le vois sortir de sa maison et traverser la rue. Il me fera visiter la belle église qui jouxte sa maison. C'est la répétition pour les communions de dimanche prochain. Je prends une douche. Son épouse me demande si je n'ai rien à laver et nous partageons un délicieux repas le soir (après être passés à la cure pour mettre le tampon).
La santé est bonne; les pieds se comportent bien, malgré le traitement que je leur fait subir. Paysages plats, calme et tranquillité, présence discrète de Dieu...rencontres inattendues et désir de continuer, si Dieu le veut! Mon guide GR se remet lentement de ses émotions, après avoir été sous la pluie hier. Les coins des pages sont tout écornés...À demain!

19 mai Maroilles

Parti de Beaufort à 6h15. Beau temps, un peu frais. À 7h, le soleil paraît. 7h20 : Éclaibes. Je passe devant une inscription « chambre d'hôtes» qui  n'est pas répertoriée dans le guide GR. C'est juste sur le chemin. Les pâturages et les champs sont séparés par des haies.  Je n'ai pas d'ampoules, mais ce sont les talons qui trinquent. (début de crevasses). À part ça, TVB. Les villages traversés: Éclaibes, Bachant, Aymeries et Maroilles (terminus), soit 29,8 km.
J'ai fait un trajet aussi long, parce que j'espérais avoir un gîte à Maroilles, comme indiqué dans le guide. Je téléphone...pas de réponse. Heureusement, comme j'entre dans l'église ouverte, quelqu'un, que je prends pour le prêtre, me demande, en me voyant: «Saint Jacques?» et il me met le tampon de la paroisse et m'emmène chez une dame qui a la clé de la salle paroissiale, Jeanine Vallier, qui habite dans l'enceinte de l'école. Elle m'invite à venir souper chez elle, après m'avoir offert un verre de bière. Elle me dit de mettre le chauffage, ce qui vient bien à point. Pas de douche ni de wifi. Après le repas, fromage de Maroilles, bien sûr, mais jeune, que je trouve excellent. A 18h, messe par l'abbé LIN, un prêtre malgache qui réside à Landrecies. Demain : Cateau-Cambrésis (20,7 km)

18 mai Beaufort

Pas de réseau. J'emploie les données mobiles. Pour faire bref, je suis à Beaufort. Environ 23 km...J'ai bien failli  passer la nuit dehors. Une conseillère communale m'a trouvé une place dans une salle communale. C'est une ancienne directrice d'école primaire. Je suis en toute grande forme...davantage demain. Je vais dormir..
Je reprends la narration depuis le matin, maintenant que j'ai du réseau. Avant de quitter Erquelinnes, j'attends 8h, l'ouverture de la Procure, pour avoir le tampon de l'école. Celui-là, j'y tenais! Je rencontre l'organiste de Rouveroy, qui connaît bien l'abbé Bryan. Sur le chemin de halage de la Sambre (véritable autoroute pour les cyclistes du Nord-Picardie), je rencontre un cycliste de  Charleroi (78 ans). On passe sans transition d'Erquelinnes à Jeumont. Le temps est frais, venteux, couvert, avec menace de pluie. Vers 10h30, le soleil perce les nuages. Casse-croûte sur le chemin de halage, à la «Halte des Portes des Marpiniaux» (Marpent). Je traverse  Boussois, «Ville d'Accueil et d'Amitié», RECQUIGNES et Maubeuge. À 13h, je suis aux remparts de la ville.
Comme je le disais au début, je ne trouve pas de place pour dormir à Beaufort, ni la mairie, ni l'église, fermées, ni les granges, trop pleines. J'avise un abribus, où je pense passer la nuit, mais le temps est frais et à la pluie, et l'abribus trop ouvert...Je pense retourner à Maubeuge avec le dernier bus, à 19h43, et  c'est alors que quelqu'un m'indique la maison d'une conseillère  communale, qui me trouvera une place dans le «préfab» (préfabriqué), une vaste salle avec lavabo et sanitaires, qui ne sert plus que pour des « vins d'honneur».