Je vous envoie ce mot depuis la maison de Mr et Mme Ruthy (famille d'accueil). J'ai trouvé leur numéro de téléphone dans le guide Lepère. Mr Ruthy est d'origine alsacienne, né en 1932 comme son épouse. Il est ingénieur en énergie nucléaire, pensionné depuis 1993. Ils ont six enfants. Monsieur est venu me chercher à l'église; nous sommes passés au presbytère pour mettre le tampon. Mais commençons par le commencement. Aujourd'hui trajet de Massy à Arpajon : 25,5 km. La journée a été magnifique, en comparaison des deux précédentes : pas de pluie! J'ai quitté Massy avec joie, dès 6h20, tant l'accueil était triste. Je suis parti aussi le coeur tranquille, car je savais où j'allais dormir le soir. C'est bien bête de passer à côté de tant de rencontres avec de braves gens, simplement faute d'avoir réservé. Il faut compter sur la Providence, mais aussi l'aider. Il faut travailler à deux.
Les avions passent continuellement au-dessus de ma tête. Ils décollent d'Orly, aéroport au sud de Paris. Massy est à la hauteur d'Orly, tandis qu'au nord de Paris, les avions décollaient de Charles de Gaule. À Champlan, la rivière a débordé de son lit, suite aux pluies des derniers jours. Elle suit la route, avec un fort courant, sur 300 m environ, puis la quitte en retrouvant son lit, sur la gauche. Trois agents de la commune sont présents et constatent. Je leur demande : quelle profondeur? L'un d'eux me répond en faisant un geste des deux mains : ça (environ 20 cm). Je lui fait signe que j'y vais. Allez-y! me fait-il...pas de danger. J'avance lentement, pour ne pas trop éclabousser mon pantalon, et après environ 300 m, la route remonte...Je suis passé. Les voitures, par contre, font demi-tour. Je trouve cinq ou six voitures qui me voient arriver, et font demi-tour. Plus loin, à Monthléry, arrêt dans un bar où la serveuse est sympathique. Nous parlons un peu et elle me demande si elle peut montrer une icône du Christ, que j'avais reçue chez les clarisses de Senlis, à un client attablé au comptoir, «car il est très croyant», me dit-elle. C'est un africain, ou quelqu'un des Antilles. J'avance bien; il est 10h30, et j'ai fait 16 km, soit du 4 de moyenne. Un peu plus tard, je dois marcher quelque temps (un, deux ou trois km ?) - cela me semble interminable - le long d'une route où les voitures se suivent les unes les autres. C'est une route qui mène à la R20 et c'est sans doute l'heure de pointe. Pas de place pour marcher à côté. Je dois marcher à la lisière du champ. L'herbe est mouillée et le sol inégal, ce qui ralentit fortement la marche. J'ai l'impression que cela dure une éternité...À La Ville du Bois, j'entre à la Mairie pour mettre le tampon. C'est une Martiniquaise qui me reçoit. Juste à l'entrée de Montlhéry, j'avise un établissement qui a pour nom «O'Bistro» et je m'en approche. C'est en fait un restaurant, mais la patronne - encore une métisse, mais très claire - me dit : je peux quand même vous servir un café, asseyez-vous. Au moment de partir, je veux payer, mais elle ne veut pas. Et puis, plus loin, le geste de cette jeune fille qui me laisse une bouteille de coca pour un euro, alors que le prix était de 1,20€. En fait, j'avais beaucoup de monnaie, qui pesait, et je voulais l'éliminer. Mais le compte n'y était pas. Je sors alors un billet pour payer, et elle n'a pas voulu. Elle m'a dit que c'était bon comme ça. J'arrive vers 1h à Arpajon, mon étape de ce jour. Je m'arrête à l'église Saint Clément, et m'assieds, en écoutant la belle musique qui rend ce lieu magique : la langue des anges. Je n'en reviens pas d'être au sud de Paris. La journée a été magnifique : pas de pluie du tout, et surtout un peu de soleil. Mes hôtes reçoivent beaucoup de pèlerins : demain une québécoise. Vers 17h, le curé togolais de l'endroit vient faire une petite visite, avec un diacre qui sera ordonné dimanche. C'est une vocation tardive : il a 53 ans. Le soir, mes hôtes m'invitent à partager avec eux le repas du soir.
mercredi 1 juin 2016
1er juin Arpajon
31 mai Massy
Parti à 6h30 du matin de Saint-Denis Porte de Paris, sous la pluie (une pluie plutôt légère), j'arrive à Massy sous la même pluie, vers 15h, après avoir traversé Paris du nord au sud. Je n'en garderai pas un souvenir inoubliable. Le temps y est sans doute pour quelque chose. J'aurai marché 27 km. Je voulais être sorti de Paris, ce qui est fait.
D'une part je n'ai pas eu de chance, d'autre part j'apprends qu'il ne faut pas compter sur la chance. Je m'explique : je n'ai pas eu de chance, parce que l'Office du tourisme est fermé le mardi et que le bureau paroissial, qui aurait pu me proposer un hébergement en famille d' accueil, ne reçoit les appels téléphoniques que jusque midi. Alors, dans le café de la Mairie, qui est juste en face de l'Office du tourisme, je me suis assis, j'ai pris un verre, et pendant ce temps, quelqu'un de proche des patrons m'a dit qu'il était possible de loger pour 40 € («à payer d'avance»). OK d'accord. Il était environ 15h..J'ai attendu pendant deux heures, puis je me suis levé pour demander une chambre et changer mes chaussettes, qui étaient trempées. Elle m'a enfin donné une chambre qui sent mauvais, sans douche, sans chauffage, sans numéro de chambre, sans tenture à la fenêtre, (les rideaux sont dépendus), sans bac poubelle, bref: le strict minimum pour dormir. Pourtant des familles d'accueil existent, mais je ne sais pas où. Et le bureau paroissial est dans la même rue que mon hôtel...J'ai donc compris ,(après 15 jours) qu'il faut téléphoner à l'avance, sinon c'est la galère. J'ai donc téléphoné à Mme Ruthy pour demain à Arpajon et à Mr Damien pour jeudi à Etampes. C'est OK pour les deux. C'est quand même plus agréable de savoir qu'on ne dormira pas à la belle étoile. Et c'est là la «chance» : c'est que j'apprends à devenir sage et prévoyant. Pour la première fois, je vais trouver des personnes qui m'accueillent, et pas un hôtel. Cela me réchauffe le coeur.
dimanche 29 mai 2016
29 mai Plessis-Luzarches
Senlis-Plessy-Luzarches.
43,2 km selon le GR, mais seulement 16,1 selon le « chemin d'Estelle». Je vais suivre ce chemin. Départ à 8h30. J'emprunte la «rue de Paris» direction SSO et je vois un poteau indicateur : Paris 44 km! Incroyable!
En quittant Senlis, je passe devant un petit centre commercial rue de Brichebay, et j'entre pour acheter du chocolat. La tenancière me demande où je vais; j'explique. Puis elle me dit : ce n'est pas pour les femmes, alors (parce qu'on suit longtemps des chemins en forêt); je lui répond, en faisant des gestes de judoka, si! avec un peu de judo, ça ira. Elle sourit
et m'offre une bouteille d'eau qui vient du frigo. Je ne la prends pas, parce que j'ai déjà tout ce qu'il faut et que je ne veux pas me charger davantage. Elle me souhaite bon voyage en me caressant le bras affectueusement. Rencontre chaleureuse...ça ne m'étonnerait pas si elle était nord-africaine, avec cette chaleur et cette simplicité qu'ils ont...
Une grande partie du trajet d'aujourd'hui s'est effectuée dans la forêt de Chantilly. J'ai croisé beaucoup de cyclistes et de joggers, et croisé par deux fois une piste de galop, qu'on conseille aux marcheurs de traverser avec prudence, car les chevaux y sont lancés à du 65 km/h. J'ai seulement traversé deux villages : Coye-la-forêt et Bellefontaine, plus un détour par Plessis-Luzarches pour le gite (que j'ai bien failli rater, parce que je n'avais pas réservé... (A demain la suite!)
...et que la patronne recevait sa famille. Finalement, elle a sans doute eu pitié de moi et m'a dit d'aller au club de golf de Bellefontaine en attendant jusqu'à 5 h30, le temps pour elle d'aller reconduire sa famille à la gare et de préparer la chambre.
Au club de golf, il y avait beaucoup de monde car c'était la clôture de trois journées portes ouvertes, qui se terminaient par un tournoi, avec remise de coupes pour différentes catégories. J'ai bu une bière, en essayant de la faire durer le plus possible (2h), et de rédiger quelque chose, tout en faisant effort pour ne pas m'assoupir. Le gîte est un peu cher , (75 € pour la nuit et le petit déjeuner). Nous sommes sans doute trop près de Paris. Si les clients de ce gîte sont du genre de ceux que j'ai rencontrés hier au golf, c'est donné.
Selon l'itinéraire du GR, je suis à 52 km de la tour Saint Jacques, 32 selon le chemin d'Estelle.
samedi 28 mai 2016
28 mai Senlis
La forêt de Compiègne (je suppose que c'est elle) m'a laissé un cadeau: une tique dans le mollet. Heureusement, je l'ai remarquée et mon expérience des «djiques» au Congo m'a bien servi pour l'enlever délicatement avec une aiguille (j'en prends toujours une avec moi, par habitude).
Déjeuner à 7h, mais je suis prêt depuis 6h. J.e continue à chercher la meilleure place pour chaque chose. Par exemple le Nouveau Testament doit revenir dans la poche du dessus, pour être plus accessible (bien que jusqu'ici je ne l'aie pas employé beaucoup). En fait je reste attaché à ce magnifique chant: «la première en chemin». Avant de partir j'ai recopié les 7 strophes sur un papier, que j'ai plastifié et qui est toujours dans ma poche. C'est une méditation sur 7 mystères du Rosaire : l'Annonciation, la Visitation, Cana, Marie au pied de la croix, sa confiance le samedi saint, la Pentecôte, l'Assomption. La mélodie est belle, facile, les mots choisis sont à la fois poétiques et directement inspirés de l'évangile.
(j'ai sommeil, je continuerai demain)
(le lendemain) :
En quittant Verberie, je passe en-dessous d'un viaduc impressionnant destiné au passage des trains. Pendant le temps d'approche et d'éloignement, j'ai compté pas moins de 7 TGV et deux trains ordinaires. On peut reconnaître un TGV au bruit qu'il fait: semblable à celui d'un avion.
J'apprends la supériorité du synthétique sur le coton (pour un marcheur) : c'est qu'il sèche plus vite. On ne peut pas emporter une essoreuse avec soi. Je n'en ai trouvé une que dans le gîte jacquaire de Compiègne. Eux connaissent les difficultés du marcheur, qui n'a que peu de temps pour faire sécher son linge. Et quand il n'y a ni essoreuse ni radiateur qui fonctionne, il ne reste plus qu'une solution: attendre qu'il soit à moitié sec et dormir avec. Au début c'est un peu froid, mais c'est efficace.
Le trajet du 28 mai, de Verberie à Senlis, compte 24 km, mais on peut facilement en ajouter deux avec toutes les fois où j'ai dû rebrousser chemin. Cependant, avant de dire que le balisage est mal fait, je dois me demander si j'ai été attentif à voir les signes et à les interpréter. Le trajet était presque tout entier a travers la grande forêt domaniale d'Halatte, et traversait les villages de Rhuis (les demoiselles de Rhuis, grands menhirs dressés dans la campagne), Roberval (le village du mathématicien et physicien Gilles Personne (1602-1675) l'inventeur de la «balance Roberval») Il a changé son nom pour prendre celui de son village. Puis le chemin grimpe dans la forêt pour arriver au mont Pagnotte, fait un détour par Fleurines pour arriver à Senlis. Mais la rencontre d'un couple de marcheurs dans la forêt (au numéro 203 du guide GR 655 : Bruxelles, Paris, Tours, Saint-Jean-Pied-de-Port) m'a permis d'éviter le détour par Fleurines et de longer le haras de Plessis-Chamant.
J'ai oublié de dire que j'ai vu une biche dans la forêt, en montant le m ont Pagnotte.
Je suis donc arrivé d'assez bonne heure à Senlis, trouvé facilement le syndicat d'initiative (ici: Office du tourisme). On m'a donné un plan de la ville et envoyé chez les clarisses («jumelées» avec celles de Malonne). Très acceuillantes, à 15 minutes du centre de la vieille ville. Après la douche, et avoir fait tremper mon linge, je suis parti au «Franprix» faire quelques courses pour le repas du soir et pour le lendemain. Puis, l'instant magique, j'ai trouvé un café dans le vieux Senlis, et savouré une Afflighem en regardant à la terrasse l'animation du vendredi soir. La vieille ville est très animée, on s'y sent bien; cela sent bon la douceur de vivre.
Les clarisses aussi sont très sympathiques et accueillantes. J'ai vu leur jardin envahi par des familles avec de jeunes enfants. Il y a une dame qui accompagne sa fille dans sa retraite de profession de foi. Elle lui explique le credo, à partir d'un livre du cardinal Vingt-Trois. Elle a fait la même chose pour chacun de ses quatre enfants; elles passent un week-end ensemble, elles discutent, elle écoute sa fille et essaie de répondre à ses questions. Nous avons soupé ensemble.
vendredi 27 mai 2016
27 mai 12e jour Verberie
Dans le beau gîte de Compiègne, il y a environ 10 lits. Je partageais le gîte avec un couple de Hollandais de Haarlem qui vont à Compostelle en vélo. Après le repas du soir, que madame avait préparé (nouilles et lentilles) et qu'ils m'ont invité à partager avec eux (avec un verre de vin), j'ai tout de suite été dormir. Très bonne nuit, mais comme d'habitude, je suis matinal. (interruption pour aller manger une pizza avant que ce ne soit fermé)
Voilà, c'est fait. Donc je me suis réveillé à 4 heures du matin, mais pas moyen de bouger, pour ne pas réveiller mes amis. J'ai donc essayé de me rendormir (ce que je ne fais jamais) et j'ai pu allonger jusqu'à 6h...Après j'ai commencé tout doucement à faire des choses qui ne font pas de bruit, comme étudier le parcours de la journée, replier mon sac de couchage. Mais comme ils ne se sont réveillés que vers 7h30, je n'ai pu partir que vers 8h. J'ai donc appris quelque chose d'important : quelle que soit ma fatigue, il faut impérativement que je fasse mon sac le soir. Ainsi, je peux me lever et partir. Un des responsables du gite m'a parlé du «chemin d'Estelle», entre Saint-Quentin et Paris. Il privilégie les chemins directs, mais il faudrait étudier davantage les étapes (les possibilités de logements pas trop chers) parce que, tel
quel, le guide semble indiquer des étapes trop longues. Je pourrais peut-être les faire, mais je préfère ménager la monture, comme je ne suis encore qu'au début du périple. 8h30 : départ; je vais d'abord me poster sur le trottoir juste à côté du café Saint Lazare, pour avoir la wifi, envoyer le billet du jour et regarder mes mails. Compiègne me laisse une impression de grandeur «royale», de largesse (bus gratuits), de beauté majestueuse: immense forêt, bien quadrillée, où tous les carrefours sont indiqués par un poteau qui donne le nom du carrefour (carrefour de la Hideuse, par exemple). Le matin, au départ, je traverse des ronds-points et des carrefours qui sont d'immenses espaces verts, régulièrement tondus (aujourd'hui encore, je vois partout des tondeuses en action). C'est beau, majestueux. Le «Rond royal» est...royal. Au numéro 182 du guide GR, je lis : s'engager à droite dans le chemin de Godot pour entamer la longue traversée (12 km) de la forêt domaniale de Compiègne...Atteindre le «Carrefour des Rossignols» (les oiseaux chantent; en bruit de fond : les voitures - en sourdine). Je suis bien dans mes chaussures toutes neuves; la boue ne me fait plus peur. Au gîte de Compiègne, je laisse mon gobelet en plastique et une boîte en plastique. Pas de place, et puis je n'ai pas employé mon gobelet depuis 10 jours; il est donc inutile. Quant à la boite, elle peut être remplacée avantageusement par un sachet en plastique.
Le ciel est bleu, presque sans nuages. Les gens que je rencontre, que ce soit en forêt, sur la route ou dans les villes et les villages, s'arrêtent pour m'indiquer le chemin. Il fait chaud (28 degrés à 3h; 21 degrés à 19h). Je mets mes bottines 2h, et mes sandales 1h, pour familiariser mes pieds avec mes chaussures nouvelles. Je trouve que c'est un bon système. A 2h12, j'arrive au café de Béthisy-Saint-Pierre. Jamais café ne s'est fait plus attendre. Il se trouve tout au bout du village. Quand j'y arrive, la TV est allumée sur les courses. Un jeune homme est scotché à la TV. Je bois une bière et un coca. J'achète une orangeade que je mets dans ma bouteille d'eau. J'arrive à Verberie vers 17h. Pas d'autre logement que l'Hôtel d'Aramont (54€ la nuit...mais ce n'est pas beaucoup plus que la chambre d'hôte de Bohain). Tant pis (ou tant mieux). Je vais souper d'une pizza «norvégienne» pour 9,50€.
Ouf! C'est fini, je vais dormir. A demain!
jeudi 26 mai 2016
26 mai Compiègne
Saint-Crépin-aux-Bois à Compiègne (14,5 km) Comme je suis en avance sur mon programme, je décide de m'arrêter un peu à Compiègne, pas tellement pour visiter (bien que j'aie un peu marché dans la ville), mais surtout pour acheter des bottines de marche, pour plus de confort. Je me rends compte que des sandales ne suffisent pas, étant donné surtout la faiblesse de ma cheville droite. Il y a ici à Compiègne un gîte jacquaire au 37bis de la rue Saint-Lazare. L'office du tourisme m'a donné le code. J'ai déposé mon sac; j'étais seul à ce moment. J'ai pris le bus (gratuit dans la ville) et je suis parti à Décathlon. De retour, je prends une douche (bien chaude), entre temps, le responsable du gîte arrive avec son épouse. Très sympathiques...puis un 3e. Un couple de cyclistes hollandais arrive. Entretemps je vais au café du coin, le Saint Lazare (il est dans la rue Saint Lazare, comme le gîte) pour envoyer mon «papier» de la journée. Il me semble que dans les cafés français, la TV est branchée en permanence sur les courses de chevaux et les paris. Les gens font leurs paris. La marche du matin: à 8h du matin, le soleil est déjà bien haut dans le ciel et réchauffe. J'emprunte la route forestière des Princes, qui longe le pied du mont des singes. Magnifique forêt, calme, les oiseaux chantent...Je venais à peine d'écrire ceci que je commence à entendre le bruit d'une machine. En approchant, le bruit s'amplifie et devient vacarme assourdissant. Une énorme machine débite des troncs en chapelure et une forte pompe foulante envoie cette. chapelure dans un énorme camion. Il faut bien entretenir les accottements des routes et se chauffer en hiver. Cela n'empêche pas les oiseaux de chanter...un peu plus loin ! J'envoie ce message tant que j'ai du réseau. Je rentre au gîte et trouve le couple hollandais (de Haarlem) en train de souper. Ils m'invitent à partager leur repas, et un verre de vin...
25 mai Saint-Crépin-aux-Bois
Parti à 8h de Pont-l'Évêque, j'arrive vers 17h à Saint-Crépin-aux-Bois, soit 25,3 km.
Récapitulatif des dix premiers jours de marche: 260 km (moyenne de 26km/jour) Le coucou me suit depuis la Belgique. Il m'encourage dans les moments difficiles: coucou! C'est moi! Comme ce matin dans la forêt domaniale d'Ourscamp-Carlepont. Je n'ai jamais vu de ma vie pire chemin: une véritable mer de boue. J'ai compris après, en regardant la carte : le chemin s'enfonce dans la forêt et longe l'Oise. De plus, de tous côtés, ce ne sont que lacs, étendues d'eau et marécages...
Sur une distance d'un km environ j'ai pataugé dans la boue en sandales et chaussettes...Je me disais que je devrai éviter à l'avenir les chemins de forêt et suivre les routes carrossables. Mais ce n'est pas vrai, car j'ai eu après, et jusqu'à la fin, de très beaux chemins de bois. J'ai douté du bien-fondé de ma décision de faire tout le trajet en sandales. J'ai même pensé acheter des bottines...mais je ne pense pas que je devrai le faire.
Entre Tracy-le-Val et Tracy-le-Mont, je découvre tout un parcours explicatif, avec textes et photos d'époque, sur les combats qui ont eu lieu ici en 1914-1918 et à Ham, j'ai croisé un cimetière militaire, avec croix blanches pour les Anglais et noires pour les Allemands.
Je m'arrête à Tracy-le-Mont pour boire une bière, au café «Le Tracy» (il fallait y penser) et je demande si, par hasard, ils n'auraient pas le tampon de l'endroit. La patronne répond: vous avez de la chance, je viens de le recevoir aujourd'hui. Vous l'inaugurez. Arrivé au gîte de Saint-Crepin-aux-Bois, je le trouve fermée, mais bientôt une camionnette blanche se pointe, et deux ouvriers en descendent : ils logent ici pour une certaine durée; ils ont un contrat de location. La propriétaire habite à une heure de route d'ici, mais ils me donnent son numéro de téléphone. Je peux loger dans la «grange» : c'est une ancienne grange transformée en «chambre haute», avec 4 lits, douche, sanitaires, coin toilette, chauffage, un évier pour la vaisselle, avec savon de vaisselle. La dame demande 25 € pour la nuit.