lundi 27 juin 2016

27 juin le Bouscat halte jacquaire

Etape 43 : Lamarque - le Bouscat
(environ 34 km, mais distance sérieusement réduite grâce à nos hôtes, comme je vais vous l'expliquer). Comme je vous l'ai dit hier, Christian Sanchez, ancien pêcheur, nous a proposé hier de partir en voiture avec son épouse, qui doit faire des courses. Elle nous emmène à Arsac (17 km en moins). C'est un couple connu dans les milieux des «jacquets». Tous les pèlerins qui passent chez eux en gardent un souvenir inoubliable. Leur photo en bas du texte. Nous voyons défiler tous les grands châteaux. Et bien sûr les vins de Margaux. Pour Christian, avec l'exagération des gens du midi, c'est le meilleur vin du monde. Nous marchons sans trop de problèmes. La température est assez clemente. Nous arrivons à la halte jacquaire de Bordeaux-Nord (le Bouscat) peu avant 2 heures. Nous trouvons toute l'équipe de Bordeaux en réunion. Très bon accueil. Douche, lessive...On se sent mieux après. Une chose très utile (et pourtant très rare)- c'est l'essoreuse, qui permet de laver mon polar et de le trouve sec en peu de temps. Je suis heureux de voir que mes messages passent de nouveau. Ce n'est donc pas une erreur de l'appareil, mais du réseau, qui n'est pas assez fort. Demain visite de Bordeaux. La 4° photo, c'est le jardin de Mme Sanchez.

24 juin Saint-Dizant-du-Bois

40° étape : Pons - St-Dizant-du-Bois (environ 26 km). Nous logeons ce soir chez Jean-Louis et Agnès Tardy, au lieu-dit «chez Glorit»...majestueuse maison, en pleine campagne. La maîtresse de maison nous prépare un souper campagnard...un régal. Nous sommes trois à le partager. Bernard, de Tours, s'est joint à nous. Une ratatouille de légumes (tomates, courgettes, aubergines, oignons, qui ont longuement mijoté ensemble, et ont fondu leurs goûts particuliers), merguez, une énorme omelette avec les oeufs des poules de la maison, bien jaunes, un apéritif (Pineau des Charentes) et un dessert (clafoutis de cerises). Il y a longtemps que je n'ai plus mangé de si bon appétit. Jean-Louis n'était pas là le soir, parce qu'il était parti assister à la fête de fin d'année de ses petits fils. Mais nous l'avons vu le matin, au déjeuner. Très sympathique. Depuis hier soir, à Pons, j'ai des problèmes de connexion avec mon téléphone. Il faudra que je rencontre quelqu'un qui s'y connaît pour les résoudre, ou alors attendre Bordeaux, pour trouver un opérateur Orange. Je n'arrive plus à me connecter.

23 juin Pons halte jacquaire


Photos du gîte (porte d'entrée et corps du bâtiment)
39° étape : SAINTES  - PONS (qu'on prononce «pont», comme le pont d'Avignon (22,6 km). Nous suivons un chemin de campagne (bien sec), avec des passages en sous-bois et une brise assez forte, qui fait tourner les éoliennes, et nous aide à ne pas trop maudire la chaleur. C'est la première fois que nous allons légèrement à l'est. Ce chemin est placé entre l'autoroute appelée «l'Aquitaine» et la nationale N137. (Photos) Sur la 1° photo, on voit bien la rangée d'arbres qui délimite la N137. Au départ le matin, nous avons longé la Charente (photo). C'est là que nous avons croisé un monsieur d'un certain âge, cheveux en bataille, tout blanc, et qui prenait des photos. En m'approchant, il me dit : «deux modes de vie». Je le regarde avec des yeux interrogateurs. Il reprend : deux modes de vie, le vôtre et le mien. Et puis il s'en va, apparemment tout content d'avoir prononcé sa sentence, ne nous laissant pas le temps de questionner ou de répondre. Hugh ! J'ai dit ! Ce personnage a trotté dans ma tête un certain temps. 
Je reprends la suite du voyage. La photo suivante est une carte du guide Lepère, qui montre la direction générale de l'étape d'aujourd'hui : SSE et puis aussi la position du chemin que nous avons suivi : entre l'Aquitaine et la nationale (le chemin suivi est représenté par de gros points rouges).
Le terrain que nous traversons est tout blanc (photo). À Berneuil, nous trouvons un bar ouvert. Nous nous attablons dehors, sur la terrasse. Il n'y a qu'une table dehors et elle est occupée. L'homme qui y est assis nous invite à le rejoindre. C'est quelqu'un qui est venu dans le coin pour chercher du travail. Il connaît bie n le patron du bar, qui vient s'attabler avec nous. Arrive un autre, un malabar tout bronzé, avec des tatouages plein les bras et des longs cheveux. Il s'assied. Tous se connaissent. Il montre sur son smartphone une photo d'un poisson qui lui arrive au cou : un «maigre» (c'est le nom du poisson, qui a une chair semblable à celle du bar). Un 5° arrive, qui nous dit :  vous devez avoir chaud ! On prend son courage à deux mains pour quitter cette oasis et nous replonger dans la fournaise. Arrivés à Pons, nous sommes logés près de l'ancien hôpital des pèlerins. Après une douche et avoir mangé quelque chose, nous avons été le visiter (gratuit pour les pèlerins, sur présentation de la crédenciale). Quelques photos de l'hôpital...Les poutres ne sont pas attachées, mais simplement posées les unes sur les autres. J'ajoute deux photos : une intitulée «les deux jésuites», parce qu'elle montre un jésuite mangeant...un jésuite !  et la 2° est une photo avec Steve au réfute des chasseurs. Je les enverrai après.

mercredi 22 juin 2016

22 juin Saintes halte jacquaire

D'abord, je voudrais compléter le billet d'hier, parce que, l'internet n'étant pas dans la maison, on ne peut pas revenir et ajouter.
Les chaleurs sont arrivées. Hier, à 18h, il faisait encore 31° (photo)
Le soir les élèves de l'école de musique jouaient dans la cour de l'abbaye.  Depuis ma chambre, j'entendais parfaitement. Mais je ne suis pas resté très longtemps à écouter, parce que nous devions nous lever tôt (départ à 6h, pour faire les 35,5 km qui séparent Saint-Jean-d'Angély de Saintes. J'ai remarqué une unité de couleur dans la ville; toutes les maisons sont blanches, comme à La Rochelle (photo); on voit aussi des borassus ,(photo)...La photo suivante montre le porche de l'abbaye royale. À force de marcher, j'ai développé des coussinets à la base des orteils, comme les chats et les chiens. J'ai laissé aujourd'hui mon tapis de sol, que je  transportais depuis le
début, alors qu'il ne m'avait servi que deux  fois. La rencontre du jour, c'est Steve, un flamand d'Anvers, qui va à Santiago avec son âne et son chien. Mais il a tout le temps, car il a travaillé quatre mois pour avoir son âne. Très généreux, il sème des chips, du café, du pâté, des vivres de toutes sortes sur les bornes jacquaires qui jalonnent le chemin. Son chien s'appelle Elohim. Il faisait chauffer du café dans une cabane de chasseurs et nous a offert une tasse. Hyperactif, volubile (il parle en même temps anglais. flamand et français), vagabond, libre comme l'air et apparemment heureux de son sort. Quelques photos : la salade du soir, dans un restaurant du coin; l'arc de triomphe de Saintes; nos verres vides; la lanterne des morts de Fenioux; un pèlerin qui s'interroge; le soleil du matin dans les vignes; le ciel bleu de la journée d'hier, avec la façade de l'église.

lundi 20 juin 2016

20 juin Aulnay halte jacquaire

36° étape Lundi 20 juin Melle - Aulnay (32,7 km ). Grosse étape aujourd'hui. Nous sommes partis à 6h30. Chacun marche seul, mais nous nous retrouvons aux étapes, et, le long du chemin, pour boire une tasse de café.
Nous sommes arrivés à Aulnay vers 14h. Bon accueil par Mme Bourreau, qui habite près de la halte et accueille les pèlerins. Douche, réservations pour les jours qui viennent, achats de quelques vivres pour demain (car il n'y aura pas de magasin sur la route) et verre dans un bar qui a la wifi, en attendant de souper avec le plat du jour. Aujourd'hui j'ai vu un serpent qui traversait la route, à son aise. J'étais à environ 3 m de lui. Il devait mesurer entre 1,50 m et 2 m. Nous avançons vers le sud, mais la chaleur met du temps à se manifester. C'est quand même mieux qu'il y a une semaine. La marche ramène à l'essentiel, je veux dire à ce qui est indispensable pour survivre : manger, dormir, se laver...0n a pas de temps pour lire ou philosopher. C'est une plongée dans un autre monde, une autre façon de vivre. Le chemin, à l'initiative de la région Poitou-Charente, a entrepris le balisage du Camino avec des bornes de pierre (photo) 2° photo : les rideaux du gîte de Melle. Je suis sur la terrasse du bar-restaurant où nous allons bientôt souper. A côté de moi, 4 hommes parlant anglais.

dimanche 19 juin 2016

19 juin Melle gîte d'étape La Maisonnette

35° étape: Saint-Sauvant - Melle (26,8 km). Rien de très spécial, sinon qu'il fait beau,  que le soleil est de la partie. Nous sommes arrivés assez tôt au gîte de Melle, vers 14h. Un beau gîte, qui vient d'être rénové, avec salle de bain en bas et à l'étage, chambre en bas et chambres à l'étage, cuisine, chauffage...Le responsable, Serge, est arrivé dans les 5 minutes dès qu'on lui a signalé qu'on était arrivés. Très sympathique et serviable. Nous sommes passés par un village appelé La Martinière, et nous y avons vu une grande tente et du monde en fête. C'était la fête des chasseurs. Un sanglier tout entier était en train de rôtir. Un moteur avec un système de chaîne et de démultiplication, pour ralentir la rotation, faisait tourner le sanglier. Un jeune homme se tenait à coté, avec un linge au bout d'un bâton, qu'il trempait dans un mélange d'huile et d'herbes aromatiques, dont il humectait constamment le sanglier. Nous leur avons demandé si Obélix était là, mais on nous a répondu qu'il n'était pas invité...Je vous envoie une photo de l'église St Hilaire, mais il manquait un peu de soleil à ce moment-là; elle est assez sombre.  La 2° photo montre Michèle, la canadienne, prenant une photo de la même église. Je vais descendre en ville pour avoir la wifi, et essayer d'avoir d'autres photos à vous envoyer. Nous avons été voir l'église St Hilaire, très belle... il y avait aussi dans l'église une exposition d'icônes éthiopiennes que j'aime beaucoup. Je vous envoie quelques photos. La dernière est une photo du gîte.

samedi 18 juin 2016

18 juin Saint-Sauvant accueil jacquaire

Courte étape aujourd'hui, de La Verrerie à Saint-Sauvant (18,3 km). Partis à 7h30, après une très bonne nuit, nous sommes partis, Michèle Ouellet (la canadienne) et moi, pour arriver vers une heure. Michèle est une infirmière retraitée. qui s'occupait tout spécialement des enfants handicapés (physiquement). Elle marche devant, car son rythme est un peu plus rapide que le men, mais nous nous retrouvons de temps en temps. Nous nous sommes arrêtés à Lusignan, car le guide vantait les macarons de Lusignan. Mais quand nous sommes entrés dans une pâtisserie, ils n'avaient que des macarons surgelés. Par contre j'ai appris le goût du croissant au lard (et fromage), qu'on sert chaud. C'est vraiment délicieux. Nous sommes passés à la marie pour mettre le tampon. Un peu plus loin, nous avons rencontré une dame qui vit seule dans une grande maison, un vrai paradis de fleurs, avec une vigne qui s'accroche au mur de la maison, passe au dessus des fenêtres et de la porte. Nous avons taillé une bavette avec elle. Elle nous a raconté qu'elle revenait de pèlerinage à Lourdes et qu'elle était émerveillée. Elle nous a dit qu'elle avait eu un fils et une fille, mais que son fils s'était suicidé à 45 ans. Puis elle nous a fait entrer chez elle pour nous montrer son poêle à bois. Elle nous a proposé du café, et nous a offert un morceau de «broyé du Poitou». J'étais fier de pouvoir en dire le nom, car je l'avais appris deux ou trois jours avant, invité dans une autre maison. C'est en fait un gâteau fait avec une pâte sablée. C'est un autre avantage de suivre les petites routes asphaltées : on passe dans les villages et on y fait des rencontres. Aujourd'hui, c'est ce que j'ai proposé à Michèle : comme le chemin proposé par le guide était parallèle à une petite route asphaltée qui passe par les villages, je lui ai dit que je comptais suivre la route, car quand l'herbe est mouillée, les bottines percent à la longue, et puis la marche est plus aisée sur un sol égal (du moins quand il ne fait pas trop chaud). Le village de Saint-Sauvant est très calme, paisible. On n'entend rien, sauf les hirondelles qui ont élu domicile dans la remise qui fait face à la maison. Tous les magasins sont fermés : est-ce parce que c'est samedi, ou parce qu'il n'est pas encore trois heures? Non, l'épicerie est ouverte. Nous devons faire nos provisions, car demain c'est dimanche et il n'y a aucun magasin sur les 27 km du parcours de demain. Ce samedi soir, il y a messe ici à Saint-Sauvant (une fois tous les deux mois). Jean-Jacques PAGERIE, notre hôte, m'a proposé de concélébrer. Je préfère assister dans l'assemblée. Ce sera ma 2° messe sur un mois. Je n'exagère pas...Jean-Jacques Pagerie a été 10 ans au Chemin Neuf. C'est une communauté charismatique fondée par un jésuite, Laurent Fabre. Nous n'avons pas encore beaucoup parlé. J'espère que ce soir, nous aurons l'occasion de le faire. Je vous envoie trois photos du gîte. La première est une photo du jardin, la 2° de la remise derrière (où nichent les hirondelles), et la 3° est une photo du gîte, à l'arrière. Fameux repas chaud, avec des produits achetés cet après-midi à l'épicerie : riz, lentilles, poulet...précédé d'une salade avec vinaigrette.